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Sud - Ouest, France
Des mots-Des Images en tout sens

jeudi 30 juin 2011

Ces Deux-Là



Le petit carnet qui se trouve entre mes mains est fait d’à peine quelques feuillets usagers et jaunis, couverts de quelques lignes qui ne sont pas les miennes. De petites lettres aux formes serrées devenues grises font office de commentaire à l’écriture froide et technique qui ne peut prétendre s’appeler récit. Une à deux phrases pour chaque jour de cette saison-là. J’ai eu envie d’en reprendre l’histoire à peine commencée, jamais tellement élaborée non plus, et de la raconter. D’une histoire l’important ce n’est pas qu’elle soit vraie, ni juste. C’est seulement qu’elle soit belle ! Le sera-t-elle ? Aujourd’hui c’est un peu tôt pour le dire. Elle sera en tout cas enfin racontée, inscrite.

Il faisait nuit et froid au-dehors. Les trottoirs de la ville étaient couverts de gris ; neige et traces de pas répétés s’étaient trop longtemps mêlées au cours des dernières heures. Les étales de la rue de Bucci étaient depuis longtemps fermés et rangés pour la nuit. Nougaro devait chanter dans un des bistrots à deux pas quand elles ont subitement frappées pour sortir au dehors.
Elles sont arrivées ainsi au milieu de cette nuit-là. Légères comme deux plumes poussées par le vent d’hiver,  fraîches et douces,  le regard encore clos et la peau si claire. Elles avaient le même souffle, la même fragilité transparente que la glace au-dehors. Il eut été facile de les prendre chacune dans le creux d’une main et peut-être de jongler avec elle. Qui d’elles d’eux eut été en haut, eut été en bas, il était difficile de le dire. Rien ne les différenciait, quelques grammes, il est vrai, ce premier jour-là mais c’était déjà si peu.
Dans le regard de ceux qui les regardaient, les pesaient, les nettoyaient, il était possible déjà de lire la fascination et la peur face à tant de ressemblance. Allongées ainsi toutes deux dans un lit commun tellement elles étaient petites, chacune était le reflet pur de l’autre mieux que n’eut pu l’être un reflet dans le miroir. Plus semblables encore que le résultat d’un calque sur l’image ou le tirage sur papier d’une photo en deux exemplaires. Elles seules ne pouvaient pas le savoir ne pouvant accéder à la perception de leur propre image.
Elles sentaient bien déjà dans les regards et dans les mots qu’il n’y avait de la place que pour une.
Ils ont dit d’une qu’elle était douce, qu’elle était belle. Ils ont dit de ces deux-là qu’elles étaient incroyables tellement elles étaient pareilles. A l’autre, ils n’ont parlé que de la première. Jamais à elle ils n’ont pu dire qu’elle était douce et belle pour elle-même. C’était toujours l’autre ou les deux ensemble.
Elles avaient des mots secrets pour communiquer entre elles et les sens en éveil. Cela faisait quelques mois qu’elles avaient appris à partager, à s’entraider face aux secousses du monde extérieur. Elles ont continué de plus belle à se rassurer mutuellement, à tenter de se faire entendre. Mais les mots ne pouvaient pas se dire au monde. Articuler, ça, elles ne le savaient pas encore. Alors elles ont crié, parfois pleuré aussi. Et elles se sont parlé encore ainsi dans le silence de leur deux corps, dans leurs murmures, comme au temps d’avant.
Mais est arrivé ce jour-là où les regards du monde posés sur elles étaient plus fermes plus nombreux et plus froids aussi.
Il fallut bien leur choisir un nom afin de les définir. Elles étaient arrivées si précipitamment. Une saison d’avance, ce n’est pas rien en hiver ! Vous connaissez les changements qui se font connaître entre l’hiver et le printemps. Au dehors, la lumière et les sons ne sont déjà plus les mêmes. Si vous vous penchez sur les fleurs et les arbres, vous voyez bien que le temps d’une saison fait toute la différence. Et les fleurs et les arbres avaient alors bien plus de poids que ces deux-là.
Les mots, consonnes et voyelles, les syllabes réunies, changent l’humeur du monde et la face des relations en ce monde. Alors est-ce ainsi que les choses se sont écrites dans cette histoire-là ?
Dans le regard de ceux qui les regardaient toujours ensemble, on pouvait lire ce désir de les diviser, de  les séparer davantage. Tant de ressemblance, de connivence dans les silences était insupportable, peut-être même enviable, qui sait ?
L’une fut inscrite pour gagner. Le mot qui fut choisi pour la nommer est utilisé à l’issue des batailles, des guerres ou des compétitions. Laissant ainsi entendre que l’issue de la survie ne peut que faire naître les larmes dans les yeux de l’autre si ce n’est sa perte.
L’autre, le reflet parfait, tellement fidèle, de la première fut nommée pour le sacrifice, l’abnégation mais aussi la sagesse, la sacrifiée.
Avaient-ils trop longtemps jalousé leur connivence et leur silence commun ? Leur partage depuis des mois était-il si dérangeant ? Il était fait de douceur et d’espace, de nourriture et de sommeil qu’elles poursuivirent à l’extérieur comme veillant sans cesse l’une sur l’autre, à travers leur souffle commun et tellement semblable.
Elles ont bien tenté, toutes deux, de dire que ça ne leur convenait pas. Elles ont bien crié qu’elles avaient su vivre ainsi, jusque là et, qu’elles-deux ensemble, elles le sauraient toujours. Mais ils n’ont rien voulu entendre.
Les prénoms, comme ils disent, furent inscrits sur des parchemins et enregistrés à jamais !

Toutes deux s’épaulaient l’une l’autre, se berçant de leur souffle commun. Elles se répondaient en écho, se lovaient dans cette odeur douce d’océan lointain et de chaleur du corps de l’autre. Elles jouaient à se mêler bras, jambes, peau, afin de se sentir plus lourdes collées ainsi ensemble, imaginant se protéger d’un extérieur trop bruyant et tellement incertain.

Soudain l’ombre est entrée. Une odeur forte les avait réveillées, brutalement sorties de leur connivence secrète et des murmures qu’elles partageaient.
Le corps si grand et lourd, le regard noir fait de nuit d’orage s’est penché encore sur elles-deux. La seconde a crié un peu plus fort sans doute, sentant peut-être déjà que cette venue là était pour elle seule et pour la première fois n’était pas pour elles-deux.
Des mains se sont posées sur son visage. Des doigts forts ont pressé sa bouche ressemblant à ce qu’aurait pu être de la tendresse. Elles avaient déjà connu des gestes de l’extérieur ressemblant à cela. Mais la première percevait déjà la tension dans les doigts. La tendresse s’accompagne de bras souples et d’une odeur de miel. Là, l’odeur ressemblait au vinaigre et les mains étaient raides et fermes.
Et puis il y eu ce silence. Ce tellement grand silence. Il n’y eut enfin plus qu’un souffle : Le sien à elle seule. Un souffle fébrile où durant un instant elle crut même ne plus savoir si son souffle lui-même existait encore.
L’ombre grande avait déjà disparu mais elle en connaissait bien l’odeur. Elle tenta de se rapprocher de l’autre, son reflet, son image. Elle chercha le poids léger de ses doigts aussi fragiles que les siens. Elle chercha les murmures et se rapprocha encore mais elle se heurta à une chose froide et vide. Un vide tellement vide, un vide tellement immense qu’elle n’en connaissait pas les contours. Un vide raide, rigide et froid. Les sons et les odeurs avaient changé et elle se sentit tellement là et ailleurs. Cette sensation ne la quitta plus.

Extrait de la nouvelle "Ces deux-là" appartenant au recueil "Certitudes" 2011

jeudi 19 mai 2011

Certitudes




Le Printemps est là, accompagné d'un
 nouveau recueil de Poèmes et surtout des Collages
Tous de 2011
Bonne lecture !


Le livre CERTITUDES


Il est des silences 
Où s'inscrivent des certitudes


Nouvelle Bannière Décembre 2013

mercredi 27 avril 2011

Fenêtre sur Mer



La Côte d'Argent - 26 Avril 2011



26 Avril 2011



Fenêtre sur Mer - 26 Avril 2011


samedi 26 février 2011

Je n’hésiterais pas !







Si tu  oubliais les histoires, le goût salé des phrases,  le bruissement de soie des vagues sur le sable, je te regarderais longuement. En silence, tout d’abord, je plongerais dans tes yeux caramel, je chercherais en toi, dans ce regard si doux, dans ses reflets si vifs, chauds et tellement rieurs derrière leur couleur de mille feux, terre de Sienne, reflet du miel à l’envi, quand ils se posent sur moi. Je chercherais d’où vient cette sensible tristesse, cette sauvage détresse que j’y découvrirais qui fait que tu te tais.
Je m’approcherais encore, je te prendrais la main et je t’emmènerais au loin, en direction de la plage.
Nous traverserions le bois de pins à l’ombre de la dune. Nos pieds fouleraient quelques épines et brindilles déposées là par les vents de l’hiver. Si tes yeux ne cillaient pas, si ta main restait molle au contact de mes doigts. Je patienterais encore, les vagues se rapprocheraient en dansant,  le vent apportera l’odeur des marées et du sel mêlés. Nos yeux plisseraient un peu à l’approche du sentier qui descend vers la grève. Les oyats ayant remplacé les pins, nous ne connaîtrions plus d’ombre pour nous protéger de la lumière, seule les ombres de nos corps marcheraient juste derrière nos pas.
Assis auprès des vagues sur le sable encore vierge à la nouvelle saison, regard sur l’horizon, je m’assiérais entre tes jambes, mon dos contre ton buste ainsi tu ne verrais pas mes larmes.
C’est ainsi que tu préfères m’enlacer, tu m’enveloppes de ton buste et respires mes cheveux et ma nuque et déposes dans mon cou tes baisers tes murmures...
Et si tu ne bougeais pas, insensible au parfum de ma peau, je chercherais ton souffle et te dirais combien les couleurs sont belles passant du vert au rose et du violet au blanc quand les touches du noir rappellent  les Kanjis, idéogrammes japonais, là où rêvent les piquets des pêcheurs qui marquent les casiers des parcs à huîtres, sur le banc de sable or et blanc aux courbes douces et changeantes à cette heure.
Puis doucement je prendrais tes livres un à un, je te lirais chaque page. Je m’arrêterais un peu pour  te relire mieux tous ces mots qui parlent si bien de moi. Je m’appuierais contre toi un peu plus fort encore comme le font les chats parfois, je lèverais doucement ma main pour atteindre ton cou et ta nuque, là  où tes cheveux bouclent un peu et glissent entre mes doigts, saveur délicieuse de tes cheveux humides.
Si ta main ne bougeait pas, si tu ne reconnaissais pas mes doigts, si ton souffle restait encore éloigné, je te dirais  tes mots ceux écrits sur ma peau, ceux laissés, çà et là, dans l’espace de tes rêves, ceux de tes colères sur le monde, un peu, afin que tu te souviennes de qui tu es.
Je te murmurerais tous mes mots les miens ceux que tu aimes. Je me tairais un peu pour écouter les vagues et la marée qui monte. J’en inventerais de nouveau, là, à cet instant même. Je te raconterais chacun des gestes et des silences, chacun des mouvements de toutes nos rencontres de toutes nos attentes.
Je te rappellerais l’histoire de nos premiers baisers là bas sur le banc de bois une nuit de printemps à l’ombre de la rive.
Si ton souffle ne changeait pas. Si tu me semblais encore le regard absent. J’hésiterais sans doute un instant puis je te dirais enfin mes erreurs à l’heure de mes doutes, quand j’ai fait comme si je t’avais oublié croyant que tu m’avais laissée. Je te dirais enfin comment tu as occupé chacun de mes silences de ce temps là. Je te dirais comment perdue de cette trop longue absence je me suis précipitée dans un ailleurs fait de cris, de moqueries et de domination, de manipulation et de privations, de mesquineries. Celles que je tais toujours. Je crois qu’il n’y a pas un jour où je n’ai pas eu peur. Je te raconterais hésitante comment on m’avait supprimé mes crayons comment j’ai été épiée, surveillée. Sur le calendrier ça a duré en réalité cinquante jours qui se sont étirés sur cinq très longues saisons. J’ai pensé à toi chaque jour.  J’ai erré souvent seule dans la ville j’avais besoin de toi espérant t’y trouver mais comment te dire combien j’étais habitée par la peur. Je me suis isolée souvent sur les sentiers que nous avions tous les deux fréquentés. Je suis allée cent fois m’asseoir sur le muret face à l’église. J’ai évité tes concerts de peur que mon erreur m’ait rendue laide. Mille fois j’ai pianoté le début de ton numéro sur l’écran de mon portable depuis ce muret mais comment te dire que tu étais toujours aussi présent et combien c’était aussi douloureux de penser à toi sans pouvoir trouver la force de remonter vers le soleil et vers les plages.
Je te dirais tout cela. Peut-être reconnaîtrais-tu mes larmes ?
Et puis doucement je me rapprocherais encore de toi, dos à la vague alors je chercherais tes yeux et si eux se taisaient, ton corps lui se souviendrait peut-être …
Face au vent du large je te dirais tout de même tout ce que tu es. Je te parlerais de ces jours où nous allons vieillir et puis bien sûr de ce monde où nous allons mourir.
Je veux alors que ce qui sera poudre et sable de moi rejoigne ce banc de sable afin d’être toujours dans ce monde entre deux mers. Le plus près du ciel et des rêves, les tiens, et le plus près du bord de la terre.
Je te dirais tous tes mots doux, Je te murmurerais tous les miens… Je te dirais enfin que c’est toi qui me lâches un peu cette fois encore et que tes larmes montrent combien tu ne le veux pas et que non je ne te laisserai pas.
Si tes doigts ne frémissaient pas encore sur ma peau, si ta voix se taisait toujours…
 Alors je prendrais ta main et je glisserais mes doigts dans la tienne et je la serrerais fort espérant que tu te souviennes…
Et puis je me tairais et je resterais là à écouter ton souffle et la marée qui monte.

lundi 21 février 2011

Souhaits


Que le vent qui se lève
Au bord du fleuve à ton réveil
Vienne caresser ta nuque
E t te couvre de mes baisers

Que la bruine qui se pose
Sur la terre à l’aurore
Vienne rafraîchir tes pensées
Éclairer ta journée

Que la mer qui se déchaine
Au loin parfois dans la stupeur
Vienne étancher tes rêves
Et puisse t’envelopper de ses milles reflets

Que  mes douces  pensées
Et mon regard gris-vert
Sur chacun de tes mots
Et le grain de ta peau
Te donne à oublier 
Combien le monde tourne
Parfois de travers

Et si c’était tout près
Que le monde se mettait à l’envers
Que chacun de mes baisers
Te permettent de retrouver
Et le goût de mes mots
Et le goût de ma bouche

Que cette journée soit douce
Comme les matins de plage
Riche en surprise
Comme les reflets du sable.



Vertige





J’ai vu des partitions, des musiciens, des saxos
Danser à la surface de l’eau,
J’ai redécouvert le Tango,
Tes doigts ont fait des arabesques
Sur les touches du piano…

Tu as inscrit ancré
Tes murmures sur ma peau
Tête à l’envers baisers du cœur

Tu m’as conté les secrets de la dune
A ses pieds nous avons dormi
Et tellement ri aussi

Enveloppée par tes bras,
Le Banc blanc rose violet
S’étirait sur l’horizon à nos pieds
Avec la légèreté des courbes d’un arc-en-ciel

J’ai lu des reflets des images
Sur des écrans blancs
Et d’autres parchemins

Le vent s’est levé
Seule soudain face à cet horizon fragile
Ma main est froide
Et s’affirme une envie de vomir
Et cette incapacité à bouger

La terre risque de se désagréger
Sous mes pas
Je ne sais plus comment descendre
Avancer sauter rouler
Je voudrais savoir m’asseoir
Et jouer des doigts avec ce sable délicat

Es-tu parti protéger nos secrets
Mieux les garder pour l’éternité
Joues-tu à te cacher
Comme les enfants au-delà de  la colline
Es-tu allé cueillir quelques oyats sur le flanc Est
Ou chercher quelques branches pour le feu
T’es-tu endormi à l’ombre des pins
Si minuscules un peu plus bas

Le sable pique et la lumière brûle mes paupières
Je ferme les yeux et m’accroche
A chercher le son de tes pas
Mais le vent si haut est trop fort
Je déteste ce vent
Soudain trop présent
Je vacille

Mais le sable frémit à deux pas
Tes bras enserrent ma taille avec douceur
Ta bouche effeuille ma nuque et mon cou
Je me retourne dans un rire léger
Tes yeux terre de Sienne dans mon regard fougère
Mes mains se faufilent avec délicatesse
Sous les laines et les cotons de tes vêtements.


samedi 15 janvier 2011

Autour de La Terre



A tous ceux 
qui savent encore
Regarder au loin 
Et écouter le vent
Qui parlent aux nuages 
Et lisent dans les grains doux du sable 

A ceux là 
Je souhaite une année délicieuse


Aux autres,
Ceux qui à Noël et à nouvelle année
Chargent leur panier 
D'autant de victuailles et d'objets
Qu'il en faudrait à l'autre bout de la terre
Pour nourrir une famille entière
Le temps d'une saison


A tous ceux là, je dis
Tant pis pour eux 

lundi 27 décembre 2010

Les Mystères de la lumière






Photos - VD - Décembre 2010




Photos - VD - Décembre 2010

vendredi 17 décembre 2010

La Rose des Sables




Il est beau cet amour
Entre les pages d’un livre,
Il est beau cet amour,
Libre des pages du livre,

Si tu sais regarder ainsi
Au creux de toi
Tu sais aussi
Qu’il est là,
Au bout de tes doigts,

Il est là chaque jour pour toujours
Cueille, cueille encore
La rose des sables,
Porte-la en collier
A chaque aube du jour,

Il est beau cet amour
Entre les pages d’un livre,
Il est beau cet amour,
Libre des pages du livre,

Regarde,
Jamais elle ne s’éloigne,
Jamais elle ne se fane,

Aimer, c’est pour chaque jour,
Aimer, c’est pour toujours,
On ne peut s’y soustraire,
C’est ça la beauté de l’amour.

Recueil - La Rose des Sables
Décembre 2010

mercredi 15 décembre 2010

La Rose des Sables - Un Livre

Le livre La Rose des Sables


Un recueil exclusivement de Poèmes
Disponible dès maintenant

lundi 13 décembre 2010

Elle était si petite





A son arrivée
Les yeux fermés,
Les paupières parfois agitées
Par ses images intérieures
Peut-être aussi par ma voix
Qu’elle ne connaissait pas,
Elle dormait.

Et puis dans son fauteuil
Arrondi pour son dos
Elle a doucement ouvert les yeux,
A mon approche,
Elle  s’est mise à chanter
Des a des re des sons
Dont j’ai perdu le sens
Son regard plongé dans le mien,
Sa voix était tellement pure
Et claire

Dans les bras de sa mère
Droite comme un piquet
Sur la côte en hiver
Au bord du Cap Ferret
Elle a  enfin montré ses colères
Celles que l’on cherche
A vous faire taire

Posée sur mes genoux
Enveloppée par mon bras
Je l’ai laissé crier
Je lui dit combien j'entendais
Sa rage et sa détresse
Des jours passés

Elle m’a raconté encore
Parfois très fort,
Le visage rougis
Telles les braises dans l’âtre
Et puis doucement
Elle s’est tournée vers sa mère
Pour la première fois
Ses muscles se sont arrondis,

Elle a pesé doucement sur mon bras
Ses paupières se sont peu à peu calmées
Son visage a retrouvé la sérénité
De nouveau dans son fauteuil
Elle s’est endormie
Pour la première fois
Apaisée,

Sa mère a souri soulagée
L’enfant avait été entendue
La mère pouvait se reposer.

dimanche 5 décembre 2010

Un Si Profond Chagrin


Elle se glisse
Dans les draps de ses nuits
Quelle que soit l’heure du jour
Ou l’empreinte laissée par la lune
Sur le ciel bleuté de l’automne,

Elle cherche à fondre en elle,
Sans se nommer, veut usurper
La moindre parcelle de joie,
Laissée là par les autres,
Ceux chéris, habillant, jusque-là,
Les jours et les nuits,

Telle la nappe de pétrole,
Volant l’espace et les contours
Jusque dans les bayous du delta du Mississipi,
Elle méandre et rogne
Chaque étincelle de sourire,

(Extrait)
Poème complet dans le livre "Sous le ciel de mes nuits"

Sous le Ciel de Mes Nuits - Un Livre



Un Nouveau livre 
Fait de Collages et quelques poèmes
Entièrement en couleur !




Le livre Sous le Ciel de Mes Nuits


Nouvelle Bannière - 2014

dimanche 28 novembre 2010

Reflets d’Été - Nuit



Le



Photos - VD - Reflets - Nuit d'Eté - 2010


 Le mur du salon dans les Passe-Roses


lundi 15 novembre 2010

Citation





"Il n'y a pas de vacances à l'amour, ça n'existe pas...
Et c'est ça l'amour. S'y soustraire, on ne peut pas."


                        "Les petits chevaux de Tarquinia" - Marguerite Duras - 1953

                                                                        édition Folio1973 page 219 

lundi 1 novembre 2010

Un Théâtre de Lucioles

Le livre Un Théâtre de Lucioles



Un dernier recueil à découvrir.


Bonne Lecture !

vendredi 29 octobre 2010

Vieillir





C’est un jour où,
Face aux livres
Dans les rayons de sa bibliothèque,
il est possible encore,
De se souvenir
Et reconnaître parmi eux,
Les humeurs éprouvées,
Et combien on a pu les aimer,

C’est aussi savoir  
Qu’on pourrait les relire,
Avec toujours autant de plaisir,

C’est se rappeler enfin,
Parmi certains ouvrages,
La musique des mots,
La spécificité des phrases,
Leur  volupté parfois.

C’est savoir toujours
Comment on les a humées
Et à quelle saison,
C’est pouvoir dire encore,
Combien parfois
Le cœur était lourd
Avant d’ouvrir le livre
Et comment le voyage fut doux
Au travers de ces mots,
Et comment ils ont pu
Vous guérir.

Face à une de ces  pages
Qui se serait perdue
Parmi les rayonnages,
C’est aussi
En reconnaître le style,
Et savoir
La remettre à sa place
parmi celles de l’auteur.

Mais vieillir,
C’est aussi réaliser
Vouloir, mais ne plus savoir,
Raconter…

Vieillir,
C’est se découvrir
Etre dans l’incapacité de dire
Quelle force traverse chacun des mots


C’est aussi
Vouloir, mais ne plus savoir,
Et être dans l’incapacité de dire
La déception, quelquefois,
Face à l’un de ces ouvrages.

Vieillir,
C’est vouloir,
Mais ne plus savoir,
Ou ne plus pouvoir dire
Qu’une banalité
Qui n’est en rien particulière à son auteur
Ni spécifique au livre même.

Alors en sera-t-il ainsi de chacune des choses
En sera-t-il ainsi
Face à chacun de ceux
Qui aujourd’hui seuls comptent

Y aura-t-il un jour fait d’oubli
Avec toujours cette conscience
D’avoir aimé
Mais aussi, ne plus savoir
Comment ni pourquoi,

Alors n’y aura-t-il plus de mots
Juste cette certitude
Qui ne serait suivie
Que du vide sans images,
Que du vide sans mots.

Serait-il possible un jour
De ne plus savoir
Lire ton sourire
Ni reconnaître tes yeux ?

Serait-il possible
En passant sur le pont
Au-dessus de ce fleuve
De ne plus en reconnaître ce banc
Sur la rive

Serait-il possible
D’oublier le sourire
Au-delà de ton premier baiser
De ne plus savoir le goût de ta peau
La saveur de tes mots

D’oublier la douceur
Du repos sans sommeil
Apaisée
Au cœur de tes bras.

Alors mieux vaut mourir
Que de ne plus connaître,
Alors mieux vaut mourir
Que de ne plus reconnaître
Toutes les douceurs et les musiques
Qui accompagnent tes doigts
Sur ma peau et au bord du piano,

Alors mieux vaut mourir
Que de ne plus reconnaître
Toutes les douceurs et les musiques
Qui traversent tes pages
Et habitent tes images,

Alors mieux vaut mourir
Que de ne plus reconnaître
Toutes les douceurs et les musiques
Qui accompagnent
Certaines des beautés de ce monde.

Dis-lui toi qu’il est loin d’être venu
Ce temps de l’oubli
Je t’en prie
 Dis-lui,
Que peut-être
Ce temps là
Ne sera pas pour elle
Il est parfois pour d’autres

Dis-lui,
Toi,
Qu’il est des blessures
Qui ne sont pas
Toujours faites pour les mêmes
Et qu’il est des saveurs
Qu’il est impossible d’oublier
Et que ces douceurs
Sont là
Et seront là toujours

Dis-lui toi
Que vieillir
C’est aussi se souvenir
Que vieillir
C’est parfois murmurer
Des choses qui ne sont pas pour d’autres
Et que ces choses sont juste
Les douceurs secrètes et les murmures
Au milieu de ces pages
Et que ce sera toujours
Juste parce que c’est elle.

Mon grand-père, un jour,
M’a accueillie en disant
Vous êtes qui ?
Mais après quelques jours
Il a de nouveau reconnu ma main
Et jusqu’au dernier jour enfin.