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Sud - Ouest, France
Des mots-Des Images en tout sens
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lundi 8 décembre 2014

L'Absence





Longtemps une habitude
Elle devient un pilier,
Écho d’une présence
Elle est un mur,
Une fuite face au silence,

Son souffle,
Peut se lire dans un cri
Ou une kyrielle de larmes,

La force d’un baiser,
Une tendresse partagée,
L'absence renouvelée

Mais enfin elle s’estompe
Et disparaîtrait presque,
Un voile,
Un survol du présent.

lundi 3 novembre 2014

L'arrogance d'une fillette




A peine arrivée, elle tournait vers moi un visage lisse comme la glace de l'étang au lever du jour, en hiver et souriait en agitant ses boucles brunes. Son langage était plein de certitude et son vocabulaire était celui du dictionnaire, réfléchi et pesé. Seules ses mains couraient sans cesse des doigts de sa mère aux mailles du pull qu'elle venait d'enfiler.
Elle présentait ce masque sourire, mélange de séduction et d'arrogance alors que le fond de son regard véhiculait des images flétries, jaunies, comme si elle était habitée de mille histoires de guerre. 
Je découvrais au bout de mes yeux le dos du monde et ses reflets, derrière un petit bout de femme qui voulait se présenter sereine et parfaite. Elle paraissait bien amère au coin des lèvres quand son visage tentait de laisser croire à son indifférence.
Son visage prit soudain la couleur du sable sur la plage quand la mer redescend et que l'eau s'écoule doucement au travers des ridules qui se dessinent. Les larmes sont apparues au bord de son regard et ont longtemps recouvert son visage. Elle avait enfin dans les yeux des images d'enfant et les mots dans sa bouche ont pu exprimer des peines immenses et d'un autre âge. 
Il était difficile à soutenir, ce regard là. Il était douloureux de se taire et d'écouter cette douleur qui venait de si loin. Une telle déchirure traversait l'air que cela aurait pu, tout aussi bien, être la détresse d'une guerre.
Elle est repartie vers des images de balançoire et de jeux de marelle avec enfin le regard de ses 7 ans.



dimanche 4 janvier 2009

Barbelés en rivière


Justifier

Elles viennent de lâcher le fil de barbelé accroché à leurs dents durant douze saisons.
Chacun de ces instants s’accompagne d’un nouveau livre de larmes. Chacune de ces rencontres avec l’homme en blouse blanche et son lot de pinces coupantes était suivie de douleurs qui rendaient chaque bouchée, même la plus désirée : chocolat chips ou autre volupté, le pire enfer que la terre ait pu leur offrir et rendait anorexique pour deux ou trois repas la plus gourmande des quatre.
Elles ont pourtant troqué leur bouche grillagée pour quelques vis et trous plus ou moins espacés sur leur lèvre du haut, du bas, ou les deux à la fois afin de tisser le silence des mots du cœur, un ou deux sur la langue pour éloigner les baisers sans omettre le nez afin de rejeter toute la saveur des embruns au bord de l’océan et du miel doré à l‘aube du Printemps.
La vie les aurait-elle rendues à ce point amères que le short fleuri et le t-short au bord des seins ne soient plus qu’une arme pour mieux happer l’autre dans les griffes du cœur oublié telle l’araignée du matin tissant sa toile au bord de la rosée afin de mieux trahir l’insecte. Ont-elles déjà troqué leurs rêves les plus secrets pour cette bouche amère ? Pourtant leurs pommettes se transforment en crevettes au couchant ou crabe sur les braises quand le jeune homme assis face à elle leur offre son sourire timide au dessus du verre menthe à l‘eau.
Mais ce feu qui les brûle est-il si dangereux qu’elles doivent dresser de nouveaux grillages et portes blindées.
Que leur dire des autres, censés guider leurs pas vers l’autre rive, celle de la liberté ?

Je déteste ce temps des départs, cet âge où le monde se doit d’être raisonnable.
Je déteste encore ce regard en biais sur la courbe de mon mollet montant jusqu’à mon ventre sans interrogation sur mon cœur en dedans.
Je déteste quand tu pars et que les vents t’éloignent mais je déteste autant quand mon ventre se tord et que mon vocabulaire se réduit à quelques mots aussi vides que la bourse d’un mendiant ... Je déteste quand je ne sais plus gérer le temps qui nous sépare. Je déteste quand j’oublie la douceur de ta bouche, happée par le vide de ton temps de vacances.
Je préfère retrouver le silence et me blottir dans le souvenir de tes murmures.
Je déteste leur rire quand ils ont bu et ces enfants qui pleurent et que l’on bat quand ils rêvent de tendresse et de bras pour mieux les enlacer.
Je déteste la pluie fine et le froid de l’hiver et le cri des parents qui ne veulent pas entendre les rêves de leur adolescent.
Je déteste la cravache qui tombe sur le dos du cheval et le pouvoir des hommes qui mesurent leur bras et étalent leur savoir auquel ils ne croient pas.
Je déteste ces matins de Noël quand les frontières sont la cible des bombes jetées au nom du divin quand ailleurs encore les grands hommes s’échappent au bord d’océans lointains sanctifiant des compatriotes qui se sont nourri de ceux qui dorment aujourd’hui sous des tentes de misère.
Je déteste quand les enfants ont peur du noir et que les savants se moquent des histoires.